La traite au Sénégal - 4e

Classe: 
Quatrième
 
 
Carrefour commercial entre l'Europe, l'Amérique et le reste de l'Afrique, le Sénégal a joué un rôle important dans la traite. La maison des esclaves en est un témoignage vivant.

I. La présence européenne au Sénégal

La recherche de l'or et les progrès de la navigation au $XV^{ième}$ siècle ont favorisé les premiers contacts entre les Européens et les Sénégalais. Des comptoirs commerciaux apparaissent sur le littoral sénégalais : Les Portugais sous la direction d'Henri le navigateur arrivent au Sénégal au $XV^{ième}$ siècle. Ainsi en $1444$ Denis Diaz arrive à Gorée. La position stratégique de Gorée (sur la route de l'Europe et de l'Amérique) a fait qu'elle était l'objet de convoitise entre les puissances européennes Les Néerlandais (Hollandais) fait le commerce sur la côte africaine en $1534.$ Ils s'emparent de Gorée en $1627.$ Mais $50$ ans plus tard ils seront chassés par les Français $(1677).$ Les Français resteront à Gorée jusqu'à l'indépendance du Sénégal. Leurs installations sont entrecoupées par l'occupation Anglaise. Des ports sont installés sur le littoral sénégalais pour faire le commerce des esclaves : Saint-Louis, Rufisque, Portudal, Kour et Kahore. Le fleuve Saloum est remonté très loin par les navires négriers.

II. Origine et évolution de la traite au Sénégal

Le commerce des esclaves est anciennement pratiqué au Sénégal. L'esclave a été à la base de l'économie de la plupart des royaumes. Le Tékrour dès le XIe siècle a été esclavagiste. La traite au Sénégal a été gérée par des compagnies de commerce. La France s'engage dans la traite à partir du XVIIIe siècle. Au Sénégal, différentes compagnies françaises vont se succéder. Ainsi, à partir de $1783$, la Compagnie du Sénégal contrôle l'ensemble du commerce des esclaves. Elle versait aux rois du Sénégal des droits de commerce appelés coutumes. La position du Sénégal comme pays ouvert sur l'océan Atlantique est favorable aux pratiques négrières. Les esclaves venaient particulièrement du Cayor du Baol, Joal, Portudal, Bakel, Karabane. Les esclaves sont les produits de guerre civile, de razzias. Selon les estimations le nombre d'esclaves vendus au Sénégal tournent autour de $50\ 000$ entre le $17^{ième}$ et le $XIX^{ième}$ siècle.

III. Les conséquences de la traite

1. Sur le plan politique

La traite a enrichi les provinces côtières comme le Cayor, le Walo, le Sine, le Saloum. Ils contestent la suprématie du Djolof qui se disloque.  L'aristocratie guerrière des Ceddos s'affirme par l'exercice de la violence. Les comptoirs de commerce du Sénégal deviennent d'importantes stations navales : Gorée, Saint-Louis, Joal, Portudal.

2. Sur le plan social et démographique

De nouvelles classes sociales apparaissent : Mulâtres et Métis à Saint-Louis, Rufisque et Gorée. L'islam se répand et devient la base de la révolte contre les excès de pouvoir des ceddos On note la dégradation des moeurs et la diminution des populations. L'abolition de la traite négrière dans les colonies françaises date du $27$ Avril $1848.$ Des villages de libertés seront créés à Ndar, Matam, Podor, Tamba, Kaolack Mais la loi ne sera appliquée qu'au début du $XX^{ième} siècle.
 
Le commerce des esclaves est très ancien au Sénégal. La traite Atlantique fera de Gorée l'un des plus grands entrepôts de l'Afrique de l'ouest. Au Sénégal, la traite a été intensifiée par les Français avec la complicité des rois africains. Les compagnies françaises ont monopolisé le commerce des esclaves. Mais, à partir de $1848$, l'esclavage sera aboli dans la colonie.

Supports de cours

Document n°1 : Une position géostratégique

Pays ouvert sur l'Océan et frontalier avec les régions maures, le Sénégal occupait une situation géographique favorable à ce trafic. Bakel n'était qu'un vaste marché d'esclaves alimenté principalement par les Bambara et les Dowiches : au $XVIII^{ième}$ siècle, $60\ 000$ esclaves étaient traités chaque année. Joal s'appelait à l'origine Diong et avait été établie par Massaï Diome pour parquer ses esclaves. L'absence de barre le long de la petite côte au sud du Cap Vert a favorisé le développement des comptoirs de Rufisque, Portudal et Joal. L'île de Gorée, avec sa situation privilégiée qui la rendait accessible en toutes saisons, renforce sa position stratégique tant pour le contrôle de la côte ouest que pour la traite. Premier comptoir français, Saint-Louis n'était pas en reste et l'importante captiverie dont on peut voir le bâtiment derrière l'hôtel de la Poste en témoigne encore aujourd'hui.
                     Dominique Moiselet - $1998$

Document n°2 : L'esclavage, une pratique très ancienne au Sénégal

L'esclavage et le servage ont été à la base de l'économie de la plupart des civilisations. Au Sénégal, il y avait un esclave pour un homme libre et, dans certaines régions quatre à seize esclaves par homme adulte libre. Les Coniagui et les Bassari ont servi de "réserve de chasse aux esclaves" avant de devenir, plus tard, les plus grands pourvoyeurs de l'Ouest, au détriment des Dioula, Mandjaque et autres populations des rivières du sud. Le Tékrour était connu dès le $XI^{ième}$ siècle pour ses pratiques esclavagistes. Les Sérère, une des plus anciennes populations du Sénégal, ne pratiquaient pas l'esclavage à grande échelle avant l'arrivée des populations du nord (Peulh et Toucouleur). Avec la formation des royaumes du Sine et du Saloum, les Sérère adoptèrent les institutions esclavagistes du Djolof. En $1455$, le navigateur Ça' da Mosto rapporte que le roi sénégalais Zucholin "maintient son pouvoir économique par des pillages qu'il fait de plusieurs esclaves sur le pays, comme sur ses voisins, desquels il se sert de plusieurs manières, et surtout à faire cultiver ses possessions. Il en vend un grand nombre aux marchands arabes et en livre aussi aux chrétiens depuis qu'ils ont commencé à contracter marchandises en ces pays".
                   Dominiqu Moiselet, $1998$                 

Document n°3 : Un lieu mémorable, la maison des esclaves de Gorée

C'est le lieu le plus visité de l'île $($plus de $200\ 000$ par an$).$ Cette maison a surtout une valeur symbolique car étant la première esclaverie en date construite en $1776$ par les Hollandais. Bien qu'exiguë elle pouvait contenir entre $150$ et $200$ esclaves avec des cellules de $2.60\,m^{2}.$                 
 

 
Auteur: 
Penda Dieye
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